Ces dernières semaines, notre ville a été publiquement pointée du doigt pour des crimes et délits inadmissibles qui questionnent notre capacité à vivre ensemble en bonne intelligence.
Pour agir efficacement, pour mettre durablement fin à la montée des violences, il faut en analyser les causes.
Pour rétablir la tranquillité publique à laquelle ont droit l’ensemble des rezéen·ne·s, il faut utiliser des moyens qui n’augmentent pas les causes de ces violences, des moyens qui nous permettent de sortir par le haut de cette crise.
Il est vital de penser une ville qui protège, respecte et partage.
Actuellement, nous cherchons à avoir plus que les autres, à les écraser. Nous ne cherchons plus à bien vivre mais à mieux vivre que les autres. Nous nous déshumanisons. Nous nous réfugions massivement dans une fuite en avant, nous cherchons à posséder de plus en plus d’objets vite obsolètes. Nous luttons les un·e·s contre les autres au lieu de vivre ensemble.
Notre économie n’est plus une économie de la demande mais une économie de l’offre : au lieu de chercher à satisfaire nos besoins, notre économie cherche à augmenter en permanence nos besoins et entretien un mythe de nécessité de compétition généralisée.
Majoritairement, nous participons à cet emballement systémique dans le cadre légal et, malheureusement, à tous les niveaux de la société, une minorité d’individus s’affranchissent allégrement des lois qui nous permettent de nous protéger mutuellement, de faire société, de vivre ensemble.
Le niveau de violence de ces quelques individus est devenu insupportable pour une part grandissante des rezéen·ne·s. Notre plus grande peur est que, lassées de la non-intervention des pouvoirs publics, un nombre grandissant de personnes se mettent en danger en assurant seules leur sécurité.
Il faut agir durablement. Il est essentiel de se réapproprier les rues, d’y susciter des activités, des échanges, de la vie. Il est essentiel d’affirmer que l’espace public est un lieu de vie, d’échange. L’espace public n’est pas un espace où l’on tolère les violences.
Inspirons-nous de ce qui s’est passé dès le début de la crise sanitaire. Dès le début de la crise sanitaire, la municipalité s’est appuyée sur ces nombreuses personnes qui ont souhaité agir pour aider les personnes les plus vulnérables.
Puisque des citoyen·ne·s rezén·ne·s se rassemblent et s’organisent, il est vital que la mairie, plus que de les inviter à dialoguer, aille à leur rencontre, les écoute et les aident concrètement à agir dans le respect des lois, sans se mettre en danger, sans violence. Il est urgent de s’appuyer sur ces bonnes volontés pour agir rapidement, efficacement, en co-construisant les moyens spécifiques à chaque quartier qui permettront d’en finir avec l’augmentation généralisé du niveau de violence.
C’est ensemble que nous sortirons par le haut de cette crise, en construisant en commun, en recréant ces liens de voisinage, cette solidarité qui, aidée par la municipalité, nous protégera collectivement et durablement.
François NICOLAS et Hélène BUGEAU-GERGAUD (Europe Écologie Les Verts)