Nos dirigeant·e·s sont dévoué·e·s à la croissance et consacrent toutes nos ressources au fantasme d’une croissance infinie du produit intérieur brut, le P.I.B. La croissance du P.I.B. ne mesure pas les richesses produites mais le coût financier réel ou estimé de nos activités, quelles que soient nos activités. Produire toujours plus de choses, même inutiles ou néfastes, voilà à quoi se résume toute politique basée sur la croissance.
Chômage subit, inégalités, services publics privés de moyens, logements trop chers, égoïsmes, solitudes, violences… On nous dit que ce n’est qu’une crise, qu’il nous faut faire des efforts mais, il y a une autre explication.
Jeter et fabriquer augmente le P.I.B. alors, nous produisons des biens fragiles qu’on ne répare plus. Plus vite un bien est démodé, plus vite il faut en fabriquer un autre, plus vite le P.I.B. augmente alors, les publicités présentent les dernières nouveautés comme indispensables.
Moins il y a d’entraides entre les humains, plus un·e citoyen·e est dépendant·e du système, plus les consommations personnelles augmentent : égoïsmes et solitudes sont bons pour le PIB alors, structurellement, les liens entre les citoyen·ne·s diminuent.
Comme une société privée doit rémunérer ses actionnaires, quand on privatise un service public, le P.I.B. est augmenté des bénéfices que la société privée doit dégager, alors, toute politique de croissance doit réduire les services publics.
Dans une économie d’offre et de demande, ce qui est abondant est gratuit, donc mauvais pour la croissance du PIB : la volonté de croissance favorise la rareté, prive une part grandissante de la population de biens essentiels, tous les biens et services auparavant gratuits deviennent payants.
Bref, la croissance est cette crise qui nous détruit.