La Démocratie : cette belle endormie

Nous avons promis, lors du premier conseil municipal, d’analyser les actions de la majorité par rapport aux trois piliers de Bien Vivre à Rezé : « Protéger les personnes, respecter la vie, partager
le pouvoir. ». Revenons sur le besoin de partager le pouvoir, de faire vivre la démocratie, de donner du poids à la parole de tous et toutes les Rezéen·ne·s.

A propos des territoires oubliés de Rezé, comme celui du village de l’Aufrère, fin Juillet 2020, une association d’habitants sollicite le maire. Il ne la reçoit pas directement mais l’élue de quartier organise une réunion. Durant celle-ci, il est promis d’organiser des rencontres avec les services concernés. Toutefois, cette réunion est suivie de mois de silence. Même s’il convient de prendre le temps de réfléchir, les habitant·e·s méritent d’être régulièrement tenu·e·s informé·e·s des avancées des travaux.

En conseil municipal, malgré une majorité se déclarant de gauche, seule une élue de Rezé citoyenne ose voter contre le travail du dimanche : manifestement, la « discipline majoritaire » a peu à voir avec la démocratie. En conseil municipal, nos interrogations spontanées restent souvent sans réponse : nous apprécierions que le conseil municipal soit davantage une occasion de dialoguer.

Les pratiques politiques pourraient évoluer plus radicalement :

• Nier la diversité des opinions des élues c’est nier la diversité des opinions de la population. Les élu·e·s pourraient respecter leurs convictions plutôt que de voter mécaniquement comme leurs
camarades.
• Il est de la responsabilité des élu·e·s d’organiser de véritables débats permanents avec tous et toutes les habitant·e·s.

Qu’en pensez-vous ? Dites-le nous en écrivant à pdl-44-rezecontact@listes.eelv.fr

Conseil municipal du 25 mars 2021

le péril climatique est une réalité, pas un mythe ne concernant que les individus où les états mais tout simplement un combat pour la survie de l’humanité où les acteurs ayant la plus grande marge de manœuvre donc la plus grande responsabilité sont les villes.

Urgence Climatique?

Autour de belles déclarations d’intentions, d’excuses et de technocratie, le budget voté ce 25 mars n’introduit aucun changement à la hauteur des défis climatiques. Rezé Citoyenne, la liste au pouvoir, réalisera un jour que le péril climatique est une réalité, pas un mythe ne concernant que les individus où les états mais tout simplement un combat pour la survie de l’humanité où les acteurs ayant la plus grande marge de manœuvre donc la plus grande responsabilité sont les villes.

François NICOLAS et Hélène BUGEAU-GERGAUD (« Bien Vivre à Rezé » – Europe Écologie Les Verts), conseil municipal du 25 mars 2021.

Instaurer un vaccin contre les crises économiques et sociales

Le premier confinement a prouvé que les activités les plus indispensables ne sont ni les mieux rémunérées, ni les plus stables. Le premier confinement a démontré l’envie de toutes et tous de s’entraider, de surmonter collectivement les crises.

Afin qu’une crise économique et sociale ne succède pas à la crise sanitaire, la liste « Bien vivre ensemble à Rezé » avait prévu de fournir à Rezé un véritable vaccin contre les crises économiques et sociales en garantissant à toutes les Rezéennes et tous les Rezéens des revenus supérieurs aux seuils de pauvreté. Un tel vaccin sécuriserait toutes les entreprises utiles au plus grand nombre en garantissant que chaque personne dispose de quoi acheter ce dont elle a besoin pour vivre décemment.

Des territoires zéro chômeur au minimum social garanti, il existe de multiples pistes pour imaginer un tel vaccin. Nous espérons vivement que la majorité municipale innovera rapidement dans ce sens.

En attendant, vous pouvez agir pour exprimer votre volonté de sécuriser la vie de toutes et de tous en signant l’initiative citoyenne européenne pour l’instauration d’un revenu de base inconditionnel. Il est temps de consolider la résistance individuelle et collective aux dérives de la spéculation financière. Agissons concrètement pour un monde plus respectueux des personnes en votant sur le site officiel de l’Union européenne : http://ice.mfrb.fr

Si vous souhaitez participer à une vidéo conférence vous permettant de découvrir ou d’approfondir la notion de revenu de base inconditionnel, merci d’écrire à francois.nicolas@mairie-reze.fr

Conseil municipal du 11 février 2021

Climat et sécurité, il est temps d’agir concrètement.

Les petits pas, ça ne suffit pas

Pour les écologistes, il faut sortir des belles déclarations d’intentions, des excuses et de la technocratie. Il faut agir concrètement pour respecter les accords de Paris pour le climat et préparer Rezé aux défis sociaux, démocratiques et environnementaux.

Sécurité, il faut agir concrètement.

Les élues écologistes profitent de chaque conseil municipal pour évoquer les sujets sur lesquels les rezéennes et rezéens les interpellent. Ce 11 février 2021, ils interrogent la majorité municipale sur leurs priorités politiques quant à la tranquillité publique.

Les territoires oubliés de Rezé

Prenons l’exemple du village de l’Aufrère au Sud de la commune. Le village de l’Aufrère est en zone urbaine. Il se densifie. Situé à l’intérieur du périphérique, il est un lieu de circulation
importante matin et soir entre le Sud Est et le Sud Ouest de la commune.

Ce territoire est oublié des diverses programmations sauf pour les taxes et les constructions, sans anticipation de l’aménagement de l’espace public.

Les voiries de type rural n’y permettent pas une circulation sécurisée pour les piétons et les cyclistes.

Nous devrions abandonner la voiture, préférer les déplacements doux, mais les infrastructures ne suivent pas. Que dire des transports en commun, inexistant, alors que, par exemple, une liaison entre le C4 et le Busway permettrait de désenclaver ce territoire oublié ?

Les habitants de l’Aufrère et des environs n’arrivent pas à se faire entendre. Est-ce le fait de la pollution sonore générée par le périphérique ? Force est de constater qu’ils ne bénéficient pas non plus de murs anti bruit et de revêtement de chaussée réducteurs de nuisances contrairement à d’autres communes aux alentours.

Nous tenons à signaler aux élus métropolitains la nécessité de mieux prendre en comptes les territoires oubliés de Rezé dans la répartition et la programmation de tous les travaux. Ensemble, travaillons mieux et en transparence pour répondre efficacement aux besoins des Rezéens car le problème des pistes cyclables de L’Aufrère l’est aussi sur certains secteurs de la ville où il reste dangereux de circuler… L’insécurité au sens large, touche toute la ville, ses habitants et ses travailleurs !

A propos de l’éclairage public

Bonjour à toutes et tous,

Suite à la réunion de la semaine dernière, je vous partage un résumé personnel de 3 articles de Ouest France sur l’éclairage public (EP) et quelques premières pistes de réflexion.

Art Ouest France du 23/11 : https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/nantes-metropole-eclairage-public-cinq-communes-dans-l-expectative-ccf3f510-22b1-11eb-b29d-eff31953f1f4

5 communes (Rezé et St Herblain, carquefou, St Herblain, Saint Aignons de grandlieu) sur 24 de NM ont refusé la coupure partielle de l’éclairage public (EP). Pourtant il y a des expérimentations dans 5 micro quartiers à St Herblain. Le retour des habitants permettra de faire le point sur ces expérimentations. A Saint Aignan, la coupure devrait être mise en place en 2021 mais pas partout.

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/nantes-eclairage-nocturne-des-idees-lumineuses-2c72879c-1d2e-11eb-936e-3cb23fddfde1

Sur 2017-2020 : -25% de consommation d’énergie pour l’éclairage. Ex d’Orvault avec une coupure de 1 à 5h du matin. Au-delà du volet économique, l’éclairage public impacte la biodiversité. On ne constate ucune augmentation significative de la délinquance dans les communes avec des coupures nocturnes.

Dans certaines villes, on coupe un lampadaire sur 3. Le budget de l’éclairage public équivaut à: 5M€/an, sans l’installation des led et de la coupure nocturne, ce serait 7M€/an

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/crise-economique-et-si-on-en-profitait-pour-passer-a-l-eclairage-public-intelligent-91cf9bf4-25ce-11eb-8d80-6c453e5d6fc0

Différents dispositifs permettent aujourd’hui de moduler l’éclairage public comme on le souhaite (coupure totale, partielle, diminution de la puissance, modulation en fonction du temps,…) mais cela nécessite des investissements qui génère entre 60 à 80% d’économie. Sur l’île de Nantes, on teste des innovations sophistiquées.


Qu’en est il à Rezé ? Y a-t-il à minima des expérimentations ?

Au vu de ce qu’il se passe partout sur la métropole nantaise, cela paraîtrait rétrograde, voire conservateur, de ne pas à minima essayer. L’idée n’est pas de faire nuit noire (quoique 2 fois dans l’année, pour la nuit de la chauve souris et pour la nuit des étoiles filantes ou halloween au choix, Rezé pourrait mettre en place un dispositif d’animation pour redécouvrir ce qu’est la nuit noire : conte en bord de Sèvres, découverte des étoiles, ballade à la lanterne,…).

Au-delà de ces actions ponctuelles, Rezé pourrait pour commencer par :

  • Faire une extinction ciblée dans certains rues et organiser un retour d’expérience avec les habitants
  • Réduire la puissance lumineuse sur certains axes de manière progressive : -30% de  23h à 1h puis- 50% jusqu’à 5h par exemple
  • Installer des réfléchisseurs de lumière ou catadioptres sur les ronds points plutôt que les éclairer. Cela représente un triple  avantage : économie d’énergies et d’argent et, sans lumière, les voitures roulent moins vite (moins de bruit et de pollution), leurs phares leur indique le chemin à suivre. On pourrait compléter ce dispositif par une détection de présence pour les piétons sur les sites les plus fréquentés : allumage uniquement quand un piéton se présente. Autre avantage : les vélos seraient encore mieux vus la nuit avec leur phare.
  • Revoir l’éclairage de certains monuments : y a-t-il un intérêt à éclairer l’église/le monument aux morts toute la nuit (vérifier si c’est le cas )
  • Demander/contraindre l’extinction de tous panneaux lumineux commerciaux ou l’éclairage des enseignes (supermarchés, entreprises, pharmacies sauf celle de garde,…)
  • … et il y a encore sûrement plein d’autres idées.

Il y a une vraie stratégie à développer pour que chaque habitant se réapproprie une nuit avec moins d’éclairage :

  • Y aller progressivement : moins d’éclairage les jours de pleine lune au début, commencer par réduire progressivement : -10 puis -30%, puis éteindre de 1h à 5h puis élargir et s’adapter aux contraintes et besoins locaux, atteindre le passage du dernier tram/bus,…
  • Donner du sens à cette action et du plaisir : animation, partage et retour d’expérience, pédagogie, recherche de rue volontaire,…

Réduire l’éclairage ne semble n’avoir que des avantages sauf qu’il renvoie à une émotion très forte : la peur. Peur de l’agression, du cambriolage, de tomber,… Si la diminution de l’éclairage ne semble pas avoir d’effet sur le sentiment d’insécurité, l’extinction, elle, c’est différent. Dans le noir, on se sent plus vulnérable. Sans la vue, nos autres sens sont en éveil et ils peuvent nous inquiéter car on les connaît moins.

 Sur cette « insécurité », certaines lectures disent qu’éteindre ne change rien, d’autres qu’il y a une augmentation de la criminalité et d’autres une baisse… Chaque ville, quartier et même rue est différente. Je pense qu’il y a pas de règle prédéfinie. Il faut essayer et adapter l’extinction à chaque situation. En tout cas, la peur est une puissance force d’immobilisme. Elle peut tétaniser et empêcher d’avancer. Que veut-on pour Rezé la nuit ?

Rester sans bouger ou expérimenter et avancer ?

 Aurélien

Conseil municipal du 19 décembre 2020

Rezé, conseil municipal du 17 décembre 2020, pour les écologistes, il faut sortir de l’escalade de la violence et s’appuyer sur les rezéen·ne·s pour agir rapidement, efficacement, en co-construisant avec les citoyen·ne·s des actions efficaces spécifiques à chaque quartier.

Ces dernières semaines, notre ville a été publiquement pointée du doigt pour des crimes et délits inadmissibles qui questionnent notre capacité à vivre ensemble en bonne intelligence.

Pour agir efficacement, pour mettre durablement fin à la montée des violences, il faut en analyser les causes.

Pour rétablir la tranquillité publique à laquelle ont droit l’ensemble des rezéen·ne·s, il faut utiliser des moyens qui n’augmentent pas les causes de ces violences, des moyens qui nous permettent de sortir par le haut de cette crise.

Il est vital de penser une ville qui protège, respecte et partage.

Actuellement, nous cherchons à avoir plus que les autres, à les écraser. Nous ne cherchons plus à bien vivre mais à mieux vivre que les autres. Nous nous déshumanisons. Nous nous réfugions massivement dans une fuite en avant, nous cherchons à posséder de plus en plus d’objets vite obsolètes. Nous luttons les un·e·s contre les autres au lieu de vivre ensemble.

Notre économie n’est plus une économie de la demande mais une économie de l’offre : au lieu de chercher à satisfaire nos besoins, notre économie cherche à augmenter en permanence nos besoins et entretien un mythe de nécessité de compétition généralisée.

Majoritairement, nous participons à cet emballement systémique dans le cadre légal et, malheureusement, à tous les niveaux de la société, une minorité d’individus s’affranchissent allégrement des lois qui nous permettent de nous protéger mutuellement, de faire société, de vivre ensemble.

Le niveau de violence de ces quelques individus est devenu insupportable pour une part grandissante des rezéen·ne·s. Notre plus grande peur est que, lassées de la non-intervention des pouvoirs publics, un nombre grandissant de personnes se mettent en danger en assurant seules leur sécurité.

Il faut agir durablement. Il est essentiel de se réapproprier les rues, d’y susciter des activités, des échanges, de la vie. Il est essentiel d’affirmer que l’espace public est un lieu de vie, d’échange. L’espace public n’est pas un espace où l’on tolère les violences.

Inspirons-nous de ce qui s’est passé dès le début de la crise sanitaire. Dès le début de la crise sanitaire, la municipalité s’est appuyée sur ces nombreuses personnes qui ont souhaité agir pour aider les personnes les plus vulnérables.

Puisque des citoyen·ne·s rezén·ne·s se rassemblent et s’organisent, il est vital que la mairie, plus que de les inviter à dialoguer, aille à leur rencontre, les écoute et les aident concrètement à agir dans le respect des lois, sans se mettre en danger, sans violence. Il est urgent de s’appuyer sur ces bonnes volontés pour agir rapidement, efficacement, en co-construisant les moyens spécifiques à chaque quartier qui permettront d’en finir avec l’augmentation généralisé du niveau de violence.

C’est ensemble que nous sortirons par le haut de cette crise, en construisant en commun, en recréant ces liens de voisinage, cette solidarité qui, aidée par la municipalité, nous protégera collectivement et durablement.

François NICOLAS et Hélène BUGEAU-GERGAUD (Europe Écologie Les Verts)

De la lumière la nuit à Rezé, oui mais comment ?

La métropole de Nantes a engagé depuis plusieurs années des travaux sur l’éclairage public. 19 communes sur 24 réalisent des extinctions nocturnes.

Qu’en est il à Rezé ? Y a-t-il à minima des expérimentations ? Il semble que non : Rezé fait partie des 5 communes de la métropole à ne rien faire sur ce point. Pourtant au vu de ce qu’il se passe partout sur la métropole nantaise, ca parait rétrograde voir conservateur de ne pas à minima essayé.

L’idée n’est pas de faire nuit noire sur toute la ville toute la nuit bien sur. Quoique : 2 fois dans l’année, pour la nuit de la chauve souris et pour la nuit des étoiles filantes ou halloween au choix, Rezé pourrait mettre en place un dispositif d’animation pour redécouvrir ce qu’est la nuit noire : conte en bord de Sèvres, découverte des étoiles, ballade à la lanterne,….

Au-delà de ces actions ponctuelles qui permettrait de se réapproprier la nuit noire, Rezé pourrait pour commencer par :

  1. Faire une extinction ciblée dans certaines rues et organiser un retour d’expérience avec les habitants,
  2. Réduire la puissance lumineuse sur certains axes de manière progressive : -30% de  23h à 1h puis- 50% jusqu’à 5h par exemple,
  3. Installer des réfléchisseurs de lumière ou catodioptres sur les ronds points plutôt que les éclairer. Cela représente un triple  avantage : économie d’énergie, et d’argent et sans lumière, les voitures roulent moins vite (moins de bruit, moins de pollution et d’accident). On pourrait compléter ce dispositif par une détection de présence pour les piétons sur les sites les plus fréquentés : allumage uniquement quand un piéton se présente. Autre avantage : les vélos seraient mieux vu la nuit avec leur phare.
  4. Revoir l’éclairage de certains monuments : y a-t-il un intérêt à les éclairer toute la nuit ?
  5. Demander l’extinction de tous panneaux lumineux commerciaux ou l’éclairage des enseignes (supermarché, entreprises, pharmacie sauf celle de garde,…)
  6. … et il y a encore surement plein d’autres idées.

Il y a une vraie stratégie à développer pour que chaque habitant se réapproprie une nuit avec moins d’éclairage :

  1. Y aller progressivement : moins d’éclairage les jours de pleine lune au début, commencer par réduire progressivement : -10 puis -30%, puis éteindre de 1h à 5h puis élargir et s’adapter aux contraintes et besoins locaux, atteindre le passage du dernier tram/bus,…
  2. Donner du sens à cette action et du plaisir : animation, partage et retour d’expérience, pédagogie, recherche de rue volontaire,…

Réduire l’éclairage ne semble n’avoir que des avantages sauf qu’il renvoie à une émotion très forte : la peur. Peur de l’agression, du cambriolage, de tomber,… Si la diminution de l’éclairage ne semble pas avoir d’effet sur le sentiment d’insécurité, l’extinction, elle, c’est différent. Dans le noir, on se sent plus vulnérable. Sans la vue, nos autres sens sont en éveil et ils peuvent nous inquiéter car on les connait moins.

Sur cette « insécurité », certaines lectures indiquent qu’éteindre ne change rien, d’autres qu’il y une augmentation de la criminalité et d’autres une baisse… Chaque ville, quartier et même rue est différente. Il y a pas de règle prédéfinie. Il est nécessaire essayer et d’adapter l’extinction à chaque situation. En tout cas, la peur est une puissance force d’immobilisme. Elle peut tétaniser et empêcher d’avancer.

Alors que veut on pour Rezé la nuit ? Rester sans bouger ou expérimenter et avancer ?

De plus en plus de travailleurs sont invisibles et notre système économique fait qu’ils alimentent eux-mêmes ce système qui leur nuit. Interview de Florence Aubenas sur France Culture lors de la sortie du film « Le quai de Ouistreham »

Il y a une société qui est en train de changer. En France, le travail précaire représente 20% des salariés. En Angleterre, c’est déjà 35%. On est en train de s’acheminer vers ça. Et à la fin, on fait comme si on ne le voyait pas. Et c’est cette invisibilité à tous les niveaux qui m’est apparue importante de raconter. Ça n’apparaît pas dans le débat social, ça n’apparaît pas dans les statistiques. Une entreprise ferme, on dit : 220 salariés se retrouvent à la porte Mais déjà, on ne compte pas les femmes de ménage externalisées. On ne compte pas les intérimaires, tous les boulots autour, tout ça n’existe pas.

Et tout à fait à l’autre bout de la chaîne, quand vous êtes femme de ménage, la principale qualité qu’on vous demande c’est d’être invisible Si on veut vraiment dire à votre patron que vous avez fait du bon travail, on dira : » C’est formidable ! On ne l’a pas vue, pas entendue, elle a fait son boulot !  » C’est la première chose que je voulais combattre.

Ce qu’il y a de particulier dans la précarité d’aujourd’hui, c’est qu’on en est à la fois les complices … et les victimes elles-mêmes sont aussi complices. Dès lors que vous gagnez peu d’argent, évidemment vous avez intérêt à aller acheter votre baguette à l’hypermarché, où elle coûte 35 centimes plutôt que chez le boulanger où elle coûte un euro. Donc, vous allez à l’inter marché et vous faites tourner la précarité comme une sorte de cercle vicieux.

Je crois qu’il y a une réflexion en commun à avoir où chacun à sa place se dit « Est-ce vers cette société qu’on a envie d’aller ? Comment prendre les choses, comment les exposer ? »

 

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer